2025
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À propos de la ressource
« questionner » (Terminologie)
Cette capsule jurilinguistique, préparée par le Centre de ressources en français juridique (CRFJ), analyse l’emploi du verbe questionner en langue française.
Elle met en lumière son sens principal, les usages déconseillés sous l’influence de l’anglais, et propose une liste de verbes et de locutions à privilégier selon le contexte.
Dire ou ne pas dire « questionner »
Peut-on questionner une décision judiciaire, la véracité d’un témoignage ou les propos d’un collègue ?
En anglais, le verbe to question signifie à la fois :
- poser des questions, interroger (The prosecutor questioned the witness for more than an hour) ;
- remettre en question, contester, douter de (The judge seriously questioned the accuracy of this statement).
En français, questionner signifie d’abord poser une ou plusieurs questions.
Son emploi au sens de remettre en question ou contester est attesté dans plusieurs ouvrages, mais il demeure généralement considéré comme un calque de l’anglais et donc déconseillé, surtout dans la langue française juridique.
Verbes et locutions à privilégier
Pour exprimer l’idée de remettre en cause, de critiquer ou de douter, plusieurs verbes et locutions peuvent remplacer questionner :
- mettre en question / remettre en question ;
- mettre en doute ;
- mettre en cause / remettre en cause ;
- s’interroger sur ;
- douter de ;
- critiquer ;
- dénoncer ;
- contester ;
- désapprouver.
Ces expressions traduisent plus précisément, selon la situation, l’idée de remettre en question une affirmation, une décision ou un raisonnement sans recourir à un anglicisme.
Pourquoi consulter cette ressource ?
Cette ressource est utile pour :
- Employer correctement questionner dans son sens premier : poser des questions ;
- Éviter l’usage fautif inspiré de l’anglais to question ;
- Choisir un verbe approprié selon le contexte : contester, mettre en doute, remettre en question, etc. ;
- Améliorer la précision du vocabulaire en langue française juridique.
Consultez le texte intégral de la ressource ici (PDF téléchargeable).
Questions fréquentes sur le terme « questionner »
Que signifie vraiment le verbe questionner en français ?
En français, questionner signifie d’abord poser une ou plusieurs questions. On l’emploie lorsqu’une personne en interroge une autre pour obtenir des renseignements ou des précisions, par exemple : questionner un témoin ou questionner un élève. Ce sens, centré sur l’acte d’interrogation directe, est le seul reconnu et recommandé dans la langue française.
Pourquoi l’emploi de questionner au sens de remettre en question est-il déconseillé ?
Parce qu’il s’agit d’un calque de l’anglais to question, qui combine les sens d’interroger et de mettre en doute. En français, ces deux actions sont distinctes : utiliser questionner pour dire remettre en cause crée une confusion. Les ouvrages de référence considèrent donc cet emploi fautif et recommandent de privilégier un verbe plus précis selon la nuance souhaitée.
Quels verbes peut-on utiliser à la place de questionner ?
Selon le contexte, on choisira : mettre en question, remettre en cause, mettre en doute, contester, s’interroger sur, critiquer, dénoncer ou désapprouver. Chacun permet d’exprimer une idée particulière : le doute, la contestation ou la réflexion. Ces formes assurent la clarté et la justesse de la formulation.
Peut-on questionner une décision judiciaire ?
Non, pas dans le sens de remettre en cause. En français, on conteste une décision judiciaire, on la met en cause ou on la critique, selon la situation. En revanche, il est correct de dire qu’un avocat questionne un témoin pour obtenir un témoignage. Cette distinction évite la confusion entre interroger et contester.
Dans quel cas l’usage de questionner est-il correct ?
L’emploi de questionner est correct lorsqu’il désigne un acte d’interrogation : le procureur a questionné le témoin pendant plus d’une heure. Ce sens correspond à une interaction directe et factuelle. Dans tous les autres contextes (remise en doute, désaccord ou critique) on choisira une autre tournure.
Pourquoi cette distinction est-elle importante en français juridique ?
Parce que la langue juridique exige une terminologie précise. Confondre interroger et contester peut altérer le sens d’un texte ou d’un argument. Employer le verbe exact, selon la situation, garantit la rigueur et la clarté du discours juridique en langue française.